Croissance 2026 : de 0,5 % à 0,9 %, l'écart qui dit tout
La Banque de France table sur 0,5 %, le gouvernement maintient 0,9 %, les banques se situent entre les deux. L'écart n'est pas technique : il porte sur le prix du baril et sur la confiance des ménages.
Le résumé en 60 secondes
- La Banque de France prévoit 0,5 % de croissance en 2026, le gouvernement maintient 0,9 %.
- L'inflation atteindrait 2,3 % en glissement annuel en août et 2,7 % en décembre selon l'Insee.
- Le pouvoir d'achat des ménages reculerait d'environ 0,3 % sur l'année.
Rarement les prévisionnistes auront été aussi dispersés. Pour 2026, la Banque de France ne table plus que sur 0,5 % de croissance, contre 0,9 % dans ses projections de mars. Le gouvernement maintient son hypothèse à 0,9 %. Les services d'études bancaires se situent autour de 0,6 %. L'Insee, lui, avait décrit une embellie conjoncturelle qui ne se transmet pas à l'emploi.
D'où vient l'écart
Il tient à une hypothèse : le prix du baril. Les calculs les plus pessimistes reposaient sur un pétrole à 112 dollars au deuxième trimestre et n'intégraient pas l'assouplissement intervenu après l'annonce d'un projet d'accord au Moyen-Orient. Le gouvernement souligne précisément que ses prévisions tiennent compte de ces retombées positives et de la réouverture du détroit d'Ormuz. Chacun a raison dans son scénario ; le désaccord porte sur le scénario, pas sur le modèle.
Inflation ravivée, croissance fragilisée.
L'inflation, revenue par l'énergie
Après être redescendue à 0,3 % en janvier — son plus bas depuis 2020 —, l'inflation a nettement rebondi sous l'effet des prix des carburants et de l'énergie. L'Insee attend une moyenne annuelle autour de 2,0 %, avec un glissement annuel de 2,3 % en août puis 2,7 % en décembre, à mesure que le coût de l'énergie se transmet aux biens manufacturés et aux services.
Les prévisions face à face
- Banque de France — 0,5 % de croissance, inflation moyenne 2,5 %, chômage 8,2 %.
- Gouvernement — 0,9 % de croissance maintenue.
- Insee — inflation moyenne 2,0 %, 2,7 % en glissement annuel en décembre.
- Pouvoir d'achat — recul d'environ 0,3 % sur l'année, mesuré par le revenu disponible brut.
Le vrai sujet est le comportement des ménages
Les salaires nominaux ne compensent pas la hausse des prix, à l'exception de la revalorisation automatique du Smic. Face à cela, les ménages puisent dans leur épargne pour lisser leur consommation, mais le taux d'épargne reste au-delà de 17 % — signe d'une précaution qui ne se relâche pas.
C'est le nœud de l'année : une économie où la demande intérieure ne repart pas parce que les ménages anticipent une incertitude politique, à sept mois d'une présidentielle. Aucun modèle macroéconomique ne sait chiffrer proprement cette variable-là.
Conjoncture — écrire à la rédaction