Un record bâti sur 73 milliards de bénéfices semestriels
Les 38 groupes du CAC 40 ayant publié leurs comptes affichent des bénéfices nets en hausse de plus de 34 % sur un an, à 73,3 milliards d'euros. L'indice a inscrit un record début août. La question est de savoir ce qui tient encore la valorisation.
Le résumé en 60 secondes
- Les 38 groupes du CAC 40 ayant publié affichent 73,3 milliards d'euros de bénéfices nets semestriels, en hausse de plus de 34 % sur un an.
- Près d'un tiers des entreprises communiquant des prévisions ont relevé leurs objectifs annuels.
- La poursuite de la hausse dépend de la confirmation de ces objectifs et de l'acceptation de valorisations élevées.
Le chiffre mérite d'être posé avant tout commentaire : 73,3 milliards d'euros de bénéfices nets cumulés au premier semestre pour les 38 groupes du CAC 40 ayant publié leurs comptes, soit une progression de plus de 34 % sur un an. C'est cette saison de résultats, meilleure que prévu, qui a porté l'indice parisien à un record historique au début du mois d'août.
Ce que dit la saison
Près d'un tiers des entreprises communiquant des prévisions ont relevé leurs objectifs annuels. La séance du 30 juillet, où treize sociétés de l'indice publiaient le même jour, a donné le ton : Schneider Electric bondissait de près de 11 % après des résultats semestriels records et des perspectives relevées, Bouygues gagnait 7,1 % après une publication légèrement supérieure aux attentes et un contrat majeur en Australie. Le CAC 40 et le SBF 120 gagnaient chacun 0,9 %, à 8 485,64 et 6 423,59 points.
Près d'un tiers des entreprises communiquant des prévisions ont relevé leurs objectifs annuels. C'est franchement exceptionnel.
Ce qu'elle ne dit pas
La lecture inverse existe, et elle est défendable. Les publications des poids lourds ont déçu : LVMH a souffert du ralentissement du luxe et de la faiblesse de la demande chinoise, Airbus a livré une copie jugée mitigée avec des difficultés persistantes de chaîne d'approvisionnement. Les résultats les plus solides viennent d'un secteur particulier — TotalEnergies profite pleinement de la flambée des prix de l'énergie — ce qui rend la moyenne peu représentative.
Les repères de la saison
- 73,3 Md€ — bénéfices nets cumulés du premier semestre, 38 groupes publiés.
- +34 % — progression sur un an.
- +0,725 % — réaction boursière moyenne des membres de l'indice le jour de leur publication.
- Fin août — Eiffage clôture le bal ; Pernod Ricard publie le 27 au matin.
Le risque tient en un mot : valorisation
La poursuite de la hausse dépend de deux conditions. La première est la confirmation des objectifs annoncés lors des semestriels — un exercice qui se juge en octobre, pas en août. La seconde est l'acceptation, par les investisseurs, de multiples déjà extrêmement élevés dans un environnement où le pétrole repasse régulièrement au-dessus de 100 dollars et où la Réserve fédérale a refusé de relever ses taux malgré cette flambée.
Autrement dit : le marché a acheté une excellente saison de résultats. Il lui reste à acheter la suivante, dans un contexte macroéconomique qui ne s'est pas amélioré.
Chef du service Marchés — écrire à la rédaction