Chômage à 8,1 % : l'apprentissage paie la facture
Le taux de chômage atteint 8,1 % de la population active au premier trimestre, en hausse continue. La baisse de l'aide à l'embauche des apprentis pourrait faire disparaître 64 000 emplois sur un an.
Le résumé en 60 secondes
- Le taux de chômage atteint 8,1 % de la population active au premier trimestre 2026, après 7,9 % fin 2025.
- La baisse de l'aide à l'embauche des apprentis pourrait supprimer 64 000 emplois sur un an.
- La loi pour le plein-emploi élargit le périmètre des demandeurs d'emploi comptabilisés depuis janvier.
Le taux de chômage en France a de nouveau augmenté au premier trimestre 2026, atteignant 8,1 % de la population active. Fin 2025, il s'établissait à 7,9 %, en hausse de 0,6 point sur un an — une trajectoire qui distingue la France de ses voisins, où le chômage est stable ou en baisse.
Trois causes, pas une
La première est conjoncturelle : la croissance ne se transmet pas à l'emploi. L'activité est restée quasi stable début 2026, avec une demande intérieure atone et des ménages dont le taux d'épargne se maintient au-delà de 18 %.
La deuxième est une décision budgétaire. La baisse de l'aide à l'embauche des apprentis, effective depuis février, pourrait faire disparaître 64 000 emplois sur un an à la mi-2026. L'alternance avait pourtant nettement contribué à la hausse passée de l'emploi total : en réduire le soutien revient à retirer le principal moteur d'emploi des dernières années.
La troisième est statistique, et elle est rarement expliquée. Depuis janvier, la loi pour le plein-emploi élargit le périmètre des demandeurs d'emploi comptabilisés : bénéficiaires du RSA, jeunes suivis par les missions locales, certaines personnes en situation de handicap. Une partie de la hausse mesurée ne correspond donc pas à des destructions d'emplois mais à un changement de définition.
La légère embellie conjoncturelle ne se transmettrait guère à l'emploi.
Les chiffres du marché du travail
- 8,1 % — taux de chômage au premier trimestre 2026.
- 7,9 % — niveau fin 2025, en hausse de 0,6 point sur un an.
- 64 000 — emplois menacés par la baisse de l'aide à l'apprentissage, à horizon mi-2026.
- Emploi total — quasi stable sur l'année, avec un salarié privé en légère baisse et un non-salarié en hausse.
Ce qu'il faut regarder à la rentrée
Deux séries méritent l'attention. Les entrées en apprentissage de septembre, qui diront si la baisse de l'aide produit l'effet redouté sur les contrats signés. Et la composition de l'emploi non salarié, dont la progression continue masque une réalité hétérogène : indépendants choisis d'un côté, précarité déguisée de l'autre. La distinction ne figure dans aucune statistique mensuelle, ce qui en fait le point aveugle du débat.
Emploi et social — écrire à la rédaction